L’importance de la prévention
Nous ne sommes pas égaux face au cancer. Indépendamment du mode de vie, certaines mutations génétiques entraînent un risque plus important. De même, l’existence de cancers familiaux ou d’antécédents personnels de cancer augmentent le risque individuel. En 2022, 12.732 cas de cancers de la prostate ont été diagnostiqués en Belgique ce qui en fait le cancer masculin le plus fréquent.
La prévention comprend deux grands aspects : le style de vie et le dépistage. Les mesures
à prendre concernant le style de vie sont résumées dans le Code Européen contre le Cancer : ne pas fumer, modérer sa consommation d’alcool, mieux manger, bouger, contrôler son poids.
Le dépistage précoce ou la meilleure chance de guérir
Les enjeux derrière le cancer de la prostate sont nombreux. Il y a d’abord le caractère insidieux de la maladie qui se développe lentement, sans douleurs, et souvent à bas bruit. Il y a ensuite surtout la réticence de certains hommes à se faire dépister. Et c’est bien dommage car, pris à temps, ils se soignent.
Chez les hommes sans risque particulier, un dépistage est recommandé dès 50 ans. Il consiste avant tout en une mesure du PSA (protéine spécifique de la prostate) dans le sang associée à un toucher rectal. En fonction des résultats, l’urologue peut demander des examens complémentaires comme une imagerie par résonnance magnétique (IRM), laquelle peut déboucher sur une biopsie en cas d’anomalie.
« Nous avons été les 1ers en Belgique à proposer des biopsies ciblées. Cela veut dire que nous dirigeons celles-ci vers les zones suspectes repérées grâce aux techniques d’imagerie. Avant,
il fallait prélever à l’aveugle, ce qui menait inévitablement à des traitements inappropriés. Soit on passait à côté de certaines lésions, soit on en trouvait sans pouvoir en apprécier l’ampleur exacte. Grâce aux progrès de l’imagerie et aux fusions d’images, nous avons considérablement affiné la précision du diagnostic, ce qui nous évite de sous- traiter et de sur-traiter. » – Dr Alexandre Peltier
Parmi les outils d’imagerie dont l’Institut Bordet dispose, le PET-IRM est une technique d’imagerie hybride qui combine la tomographie par émission de positons (PET) et l’IRM. Le PET-Scan au PASM est, lui, une imagerie métabolique qui permet de visualiser les lésions de cancer de la prostate de manière encore plus précise que l’imagerie conventionnelle.
» Après des décennies de biopsies réalisées par voie transrectale, l’Institut Bordet a récemment innové en introduisant la biopsie par voie transpérinéale, réduisant ainsi le risque d’infection et améliorant la détection des cancers, notamment dans les zones plus difficiles d’accès. L’Institut Bordet est l’un des rares hôpitaux en Belgique à proposer cette technique sous anesthésie locale. » – Pr Romain Diamand
Des traitements innovants préservant la qualité de vie des malades
Les ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU-Focal One®)
Ils permettent un traitement ablatif robotisé et ciblé des petites tumeurs peu agressives, préservant la majorité de la glande. L’Institut Bordet est le seul centre à disposer de cet outil en Belgique, grâce à un financement de l’Association Jules Bordet.
L’ablation de la prostate par robot
Lorsqu’une ablation totale de la prostate s’avère nécessaire, l’urologue a recours à la robotique. La précision des gestes qu’elle permet réduit grandement les risques de dommages aux structures impliquées dans les fonctions sexuelles et urinaires.
Cela fait plus de 20 ans que l’Institut Bordet la propose.
Une radiothérapie de haute précision grâce à l’IRM-Linac 1,5 Tesla
Les accélérateurs linéaires utilisés pour les traitements de radiothérapie sont généralement équipés d’un scanner pour cibler les zones à bombarder. Le LINAC est, lui, couplé à une imagerie par résonnance magnétique (IRM) de haute intensité (1,5 Tesla), beaucoup plus précise, qui permet de récupérer en live des images 3D et donc d’adapter chaque jour les traitements en fonction de l’évolution de la tumeur ou des mouvements des patients. Ce bijou de technologie, en partie financé par l’Association Jules Bordet, permet donc de mieux cibler les radiothérapies et d’ainsi en optimaliser l’efficacité tout en minimisant les effets indésirables.
Un traitement ciblé des métastases grâce au PSMA
Lorsque les métastases se sont multipliées dans l’organisme et que la chirurgie n’est plus possible, un traitement avec des molécules théranostiques ciblant une protéine spécifique se trouvant sur la membrane tumorale (le PSMA) peut être proposé. Il s’agit là encore d’un traitement hautement ciblé pour lequel l’Institut Bordet est pionnier en Belgique, toujours grâce au soutien de l’Association Jules Bordet.
Bref, des prises en charge taillées sur mesure, du simple suivi à l’ablation radical de la prostate. Une panoplie de techniques qui permettent aux patients d’être soignés plus efficacement et dans de meilleures conditions.
Sans oublier l’approche multidiscipliniare, véritable ADN de l’Institut Bordet, où les soins de support (rééducation, accompagnement psychologique…) jouent aussi un rôle essentiel.
