1 septembre 2026
CANCER DU PANCRÉAS : Un espoir sans précédent !
Le cancer du pancréas, encore mal compris, est en constante augmentation. Son principal problème réside dans son caractère insidieux et son dépistage tardif, le plus souvent à un stade métastatique. Explications avec le Pr Jean-Luc Van Laethem, Chef du Service d’Oncologie Digestive de l’Institut Bordet.

Les résultats d’une étude de phase III sur une petite molécule ciblant la protéine KRAS, souvent impliquée dans le cancer du pancréas, ont fait sensation lors du dernier congrès de l’Association américaine d’oncologie clinique (ASCO) qui s’est clôturé le 31 mai dernier à Chicago. Au point qu’une longue standing ovation en a salué la présentation du Dr Brian M. Wolpin, du Dana-Farber Cancer Intitute de Washington, principal investigateur de l’étude.

Explications avec le Pr Jean-Luc Van Laethem, Chef du Service d’Oncologie Digestive de l’Institut Bordet.

Dans 90% des cas, le cancer du pancréas trouve son origine dans un dysfonctionnement du gène KRAS, composant clé de la signalisation cellulaire, qu’une mutation bloque en position ‘activée’ chez 90% des patients, produisant des cellules cancéreuses de manière incontrôlée.

Le daraxonrasib, en bloquant l’effet de la mutation du gène KRAS, s’attaque pour la 1ère fois à l’un des moteurs biologiques centraux de la tumeur.’, explique le Pr Van Laethem.

‘Cela va sans doute changer la donne pour pas mal de malades et ouvrir de belles perspectives thérapeutiques.’

Des patients qui ne répondaient plus à la chimiothérapie se sont vu proposer le daraxonrasib et ont survécu deux fois plus longtemps – soit 13 mois en moyenne – que ceux traités uniquement par chimiothérapie. ‘Il s’agit d’un progrès sans précédent’, poursuit le Pr Van Laethem.

Cela montre que la clef est la bonne pour atteindre ce cancer. L’Institut Bordet va maintenant participer à un essai clinique qui proposera le daraxonrasib en 1ère intention en l’associant à la chimiothérapie pour voir si l’on peut en combiner les effets et ainsi encore améliorer les taux de survie de nos patients.

Autre avantage, la molécule est mieux tolérée. Si aujourd’hui, 1/3 des patients diagnostiqués au stade métastatique ne reçoivent pas de traitement compte tenu de la dégradation de leur état général, le daraxonrasib pourrait permettre à davantage de malades d’en bénéficier.

Au-delà de la survie immédiate, c’est tout un champ de combinaisons thérapeutiques qui s’ouvre désormais.’, conclut le Pr Van Laethem en pointant notamment l’association avec des traitements immunologiques, voire des vaccins thérapeutiques ou d’autres thérapies ciblées.

La médecine nucléaire constitue une autre source d’espoir. Les molécules théranostiques, en cours de développement à l’Institut Bordet, pourraient également représenter, dans un avenir proche, une possibilité de prise en charge de ces cancers complexes.

Rappelons que l’une des missions du Laboratoire de Recherche AtheNO (pour Advancing Theranostics in Nuclear Oncology) de l’Institut Bordet réside dans le développement de nouvelles molécules susceptibles de cibler des cancers face auxquels nous sommes aujourd’hui démunis, comme les cancers du pancréas. La création de ce laboratoire dernier cri n’aurait pas été possible sans le soutien de l’Association Jules Bordet.

Pour continuer à soutenir Jean-Luc et son équipe, faites un don au premier centre belge de lutte contre le cancer.

C’est une question de vie !