RADIOTHERAPIE : FLASH SPECIAL !

Cat. : L’actu de la recherche

L’efficacité de la radiothérapie n’est plus à démontrer. Cette discipline hautement technique où la précision est clef n’a cessé de progresser au cours des dernières années. Mais si les progrès se sont jusqu’ici concentrés sur l’ingénierie pour permettre un ciblage de plus en plus précis des zones à traiter, une technologie émergente, l’irradiation FLASH change aujourd’hui de paradigme. Rencontre avec le Dr Catherine Philippson, radiothérapeute à l’Institut Bordet, et le Pr Sébastien Penninckx, responsable des projets de recherche en radiothérapie. 

 

Une première révolution : le MOBETRON

Pour bien comprendre, il faut savoir que les radiations permettent de détruire les cellules tumorales. Néanmoins, les rayons sont délivrés par petites doses, sur plusieurs semaines. Les traitements sont en effet tellement puissants qu’il faut veiller à protéger les tissus sains avoisinants. 

A Bordet, une 1ère révolution a eu lieu il y a une quinzaine d’années, avec l’acquisition, à l’initiative du Dr Philippson, d’un accélérateur mobile de particules permettant une irradiation concentrée de la zone à traiter durant l’intervention chirurgicale : le MOBETRON. Une acquisition rendue possible par un important financement de l’Association Jules Bordet. 

 

Des bénéfices pour les patientes

Depuis 2010, près de 1800 patients ont bénéficié de cette technique principalement utilisée sur les tumeurs du sein débutantes. 

L’objectif est de pouvoir administrer en une fois la dose de radiations nécessaire et ce sans endommager la peau ni les organes avoisinants comme le poumon ou le cœur. « Nous profitons de l’ouverture chirurgicale pour placer une plaque métallique en-dessous de la zone à traiter. Cette protection et le fait que nous ne devions pas traverser la peau nous permettent de délivrer une dose plus importante et ce sans effets secondaires puisque les tissus sains sont épargnés, » explique le Dr Philippson. « Un grand changement quand on sait qu’il faut 3 à 6 semaines de traitements de radiothérapie externe pour atteindre ce niveau d’efficacité. Ici, une seule dose suffit. Cela change radicalement la qualité de vie des patientes ! » 

L’irradiation dure entre 1 minute 30 et 2 minutes. Quasi rien à l’échelle d’une vie. 

 

Une nouvelle génération : la thérapie FLASH !

Mais une éternité pour le Pr Sébastien Penninckx ! 

Lui, c’est la nouvelle génération. Chimiste de formation, responsable du groupe de recherche en radiothérapie où se mêlent physiciens et biologistes, consultant à la NASA... le Pr Penninckx accumule les distinctions ! 

Son truc à lui c’est la thérapie FLASH. Une nouvelle utilisation du Mobetron pour des traitements encore plus rapides, quelques millisecondes à peine ! 

 

« L’idée de la FLASH est d’utiliser la machine d’une toute autre manière, » poursuit le Pr Penninckx. « On parle toujours d’une seule dose envoyée au patient, mais en beaucoup moins de temps. Même si on en n’est encore qu’au stade des essais, il semble que la vitesse ne propose que des avantages. Tout d’abord, la FLASH est tellement rapide que nous ne devons plus nous inquiéter des mouvements du patient lors des traitements. Plus intéressant encore, avec une telle rapidité d’exécution, les tissus sains avoisinants semblent être davantage épargnés par le traitement. » Un traitement plus rapide avec moins d’effets secondaires, voilà la promesse de la thérapie FLASH ! 

 

Vers de nouvelles applications

Cette technique pourrait être utilisée à l’avenir pour la prise en charge de cancers difficile à traiter aujourd’hui car radio-résistants (comme le sarcome) ou localisés à proximité d'organes vitaux qu’il faut préserver. On pense au foie ou au pancréas enchevêtrés au milieu des intestins ou les cancers ORL. Cette technique pourrait également être une solution pour les récidives de zones déjà irradiées, une catégorie de patients pour laquelle les possibilités théra-peutiques restent encore aujourd’hui trop faibles. 

 

Le projet LANCE : une étude clinique en cours à l’Institut Bordet

Pour démontrer toutes ces promesses, une étude clinique va débuter ici, sous la direction du Dr Antoine Desmet, radiothérapeute à l’Institut Jules Bordet, grâce au soutien financier de l’Association Jules Bordet qui a permis d’upgrader le Mobetron. Ce projet porte le nom de LANCE et est mené conjointement avec le centre d’études suisse du Pr Bourhis, à l’origine de cette découverte. Les premiers tests se concentreront sur certains types de cancers de la peau. Au niveau superficiel, donc. Il faudra néanmoins attendre 2028 pour avoir les conclusions définitives et voir apparaître cette technologie au centre des recommandations mondiales. Mais l’intérêt est bien là. Et le monde nous regarde. 

 

Mais, sans vous, Catherine et Sébastien n’y arriveraient pas.

👉 Soutenez Catherine, Sébastien et les chercheurs de l’Institut Bordet, faites un don au premier centre belge de lutte contre le cancer. 

C’est une question de vie !

 

https://www.association-jules-bordet.be/fr/dons-on-line