Révéler les secrets des cellules immunitaires : une nouvelle avancée pour mieux traiter le cancer du sein
Pour de nombreuses patientes atteintes d’un cancer du sein précoce de type agressif, le traitement habituel consiste en une chimiothérapie, parfois combinée à une thérapie ciblée ou une immunothérapie avant la chirurgie. Ce traitement préopératoire vise à réduire la taille de la tumeur pour rendre la chirurgie moins invasive et aussi à évaluer si la tumeur est sensible au traitement. Cependant, pour environ la moitié des patientes, ce traitement ne fonctionne pas comme prévu, et les patientes ont alors un risque de récidive plus élevé. Nous avons essayé de comprendre pourquoi certaines patientes répondaient bien au traitement préopératoire et d’autres non, en examinant, au niveau des cellules uniques, non seulement les cellules cancéreuses mais aussi celles du microenvironnement, comme les cellules immunes.
Explorer le rôle des cellules immunitaires
Notre équipe a ainsi collecté des échantillons de tumeurs de patientes atteintes d’un cancer du sein à un stade précoce, avant et après chimiothérapie avec et sans immunothérapie. Nous avons utilisé une technologie de pointe permettant d’examiner près de 300.000 cellules individuelles provenant de 30 patientes, en analysant le profil d’expression des gènes des cellules tumorales et immunitaires. Nous avons constaté que les patientes qui répondaient bien au traitement avaient un niveau plus élevé de cellules immunes de type lymphocytes T activées avant même de commencer le traitement, ce qui suggère que la présence de certaines cellules immunitaires spécifiques jouent un rôle clé dans la réponse au traitement.
Une défense organisée contre la tumeur
Nous nous sommes aussi rendu compte que, chez les patientes qui répondaient bien à la chimiothérapie combinée à l’immunothérapie, ces cellules permettaient d’attirer d’autres cellules immunitaires et de les organiser en structures immunitaires au sein de la tumeur-tels des ganglions lymphatiques-, renforçant ainsi la réponse immunitaire du patient aux traitements. Ces résultats révèlent la complexité des interactions entre les cellules cancéreuses et le système immunitaire et suggèrent que ces lymphocytes T jouent un rôle crucial dans la formation d’une défense organisée contre la tumeur, améliorant notamment la réponse aux traitements par immunothérapie.
Vers une prise en charge encore plus personnalisée
Notre objectif est maintenant d’identifier les patientes les plus susceptibles de répondre à la chimiothérapie combinée à l’immunothérapie, permettant ainsi d’encore mieux personnaliser leur prise en charge.
Mais, sans vous, l’équipe de Françoise n’y arriverait pas.
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