La médecine nucléaire : plus qu’un outil d’imagerie
« Au départ, le rôle de la médecine nucléaire consistait à faire de l’imagerie pure et dure, » explique le Pr Flamen « repérer les tumeurs dans le corps et contrôler l’efficacité des traitements grâce au PetScan. Mais ça c’était avant, il y a 10 ans. Depuis, nous avons développé une technologie qui, grâce à des molécules qui ciblent les cellules cancéreuses et sont couplées à des radio-isotopes, permet à la fois la détection et le traitement de certains cancers.»
Qu’est-ce que la thérapie théranostique ?
Il s’agit d’une thérapie qui permet de traiter ce que l’on voit et de voir ce que l’on traite, comme l’explique le Pr Wimana. Pour que le miracle opère, les médecins injectent dans le corps du patient des protéines-espion, les vecteurs. Ces molécules reconnaissent les cellules tumorales -même les plus petites- et vont s’y coller. Une sorte de cheval de Troie.
Des vecteurs pour localiser et détruire les tumeurs
Les molécules, chargées de radio-isotopes à visée diagnostique, vont permettre, grâce au PetScan, de repérer les cellules tumorales partout dans le corps. On obtient ainsi une cartographie précise des sites tumoraux, permettant notamment de suivre leur évolution face aux traitements. « On charge ensuite ces mêmes molécules de radio-isotopes à visée thérapeutique qui vont aller bombarder les foyers cancéreux partout où ils se trouvent » poursuit le Pr Flamen. « Non seulement, on arrive à détruire ces foyers lorsqu’ils ne sont pas accessibles par d’autres voies mais on n’endommage pas les cellules saines avoisinantes. » Ces traitements de haute précision sont actuellement utilisés lorsque les métastases se sont multipliées dans l’organisme et que la chirurgie n’est plus possible.
Deux premières belges marquantes
- Tumeurs neuroendocrines : L’Institut Bordet a été le premier en Belgique à utiliser la thérapie théranostique pour s’attaquer à ces tumeurs spécifiques.
- Cancer de la prostate : Une autre avancée majeure a été le traitement des récidives de cancers de la prostate, également une première en Belgique.
Une infrastructure de pointe pour des molécules innovantes
Vers de nouvelles cibles thérapeutiques
Aujourd’hui, les équipes du Pr Flamen cherchent de nouvelles molécules susceptibles de cibler d’autres cancers. Grâce une nouvelle fois à un important soutien de l’Association Vinçotte Nuclear et de l’Association Jules Bordet, elles vont monter un tout nouveau laboratoire chargé de développer et de tester ces nouveaux vecteurs avant de les administrer à des patients dans le cadre de nouvelles études cliniques : ATHENO. Les cancers du pancréas et les glioblastomes sont notamment dans leur viseur. Sans compter les cancers du sein triple-négatifs avec une étude -là encore financée par l’Association- visant à mieux sélectionner les patientes présentant une maladie métastatique en vue de traitements ciblés.
De nouvelles générations de radio-isotopes
Les radio-isotopes ne sont pas non plus en reste puisque les chercheurs de l’Institut Bordet travaillent d’ores et déjà sur de nouveaux radio-isotopes dits alpha. « Jusqu’ici, nous travaillions avec des isotopes thérapeutiques à émission béta. Nous étudions désormais des isotopes à émission alpha, beaucoup plus puissants contre la tumeur mais moins nocifs pour les cellules saines. »
Cette nouvelle génération de radio-isotopes (astatine-211) pourrait être plus facilement produite par une nouvelle génération de cyclotrons. Le Pr Flamen vient, dans ce cadre, d’obtenir un important financement européen pour un projet en collaboration avec IBA, leader belge des accélérateurs.
Une lueur d’espoir pour les malades
Mais, sans vous, l’équipe de Patrick et Zéna n’y arriverait pas.
Soutenez Patrick, Zéna et les chercheurs de l’Institut Bordet, faites un don au premier centre belge de lutte contre le cancer.
C’est une question de vie !
