L’impact des habitudes de vie sur le cancer
Le Professeur André Van Gossum, gastro-entérologue spécialisé en nutrition, rappelle que si les prédispositions génétiques jouent un rôle dans l’apparition du cancer, il ne faut pas sous-estimer les facteurs extérieurs : « L’exposition au soleil, le tabagisme, la sédentarité, l’alimentation déséquilibrée et la consommation d’alcool sont des facteurs de risques importants », précise-t-il. Il ajoute que certaines études récentes montrent que l’obésité contribue à l’apparition de cancers du côlon, du sein et du foie.
Alcool : trouver le bon équilibre
Concernant la consommation d’alcool, la diététicienne Noémie Leroo rappelle que l’alcool est un facteur modifiable facilement : « Il est recommandé de ne pas dépasser 10 unités par semaine et de prévoir deux jours sans alcool. Cette modération est un bon repère », indique-t-elle. Le Professeur Van Gossum ajoute que l’abstinence totale n’est pas nécessairement meilleure si l’alimentation et l’activité physique sont négligées. L’essentiel est d’avoir un comportement alimentaire équilibré et une bonne hygiène de vie en général.
Régime méditerranéen, végétarisme et bio : qu’en penser ?
Le régime méditerranéen, largement étudié, reste une référence, mais le Professeur Van Gossum insiste sur l’importance de l’ensemble du comportement alimentaire : « Il ne faut pas négliger la dimension sociale de l’alimentation, comme le partage d’un repas », précise-t-il. Quant aux régimes végétariens ou bio, la diététicienne Noémie Leroo souligne que l’important est de s’adapter au profil de chaque patient. Par exemple, pour les végétariens, il est essentiel de bien associer les protéines pour couvrir tous les acides aminés essentiels.
Le bio et le jeûne : des bénéfices encore flous
Les experts se montrent réservés quant aux bénéfices du bio pour prévenir le cancer, le lien n’étant pas encore formellement prouvé. Quant au jeûne, bien qu’il puisse avoir des effets psychologiques positifs, notamment pour les patients en surpoids, il n’est pas recommandé durant les traitements. Au contraire, une bonne alimentation est cruciale, surtout chez les patients ayant déjà perdu du poids au moment du diagnostic.
Activité physique : essentielle à chaque étape
L’activité physique, en plus de l’alimentation, est un élément clé dans le traitement et la phase de récupération post-traitement. Les kinésithérapeutes Sandrine Darc et Florence Mulkens insistent sur l’importance de l’activité physique adaptée. « Dans notre service, nous proposons diverses pratiques comme le yoga, le Pilates ou le cardio pour aider nos patients à retrouver goût au sport », expliquent-elles. Une activité physique régulière en post-opératoire réduit les risques de récidive et améliore les chances de survie.
Impulsion by Bordet : Le sport comme outil de soutien
Les kinésithérapeutes Sandrine Darc et Florence Mulkens ont lancé Impulsion by Bordet, un groupe de jogging qui réunit médecins, kinés, patients et familles. « Nous avons créé ce groupe il y a trois ans pour offrir un soutien collectif à nos patients », explique Florence Mulkens. Après un test à l’effort validé par un oncologue, les participants peuvent rejoindre les séances hebdomadaires de jogging.
L’an dernier, 90 % des 70 participants ont terminé les 20 kilomètres de Bruxelles, un objectif symbolique d’une année d’entraînement. Au-delà de l’aspect sportif, cet accomplissement montre l’impact positif du sport sur la forme physique des patients, souvent meilleure qu’avant le traitement. Le sport, associé à une alimentation saine, constitue un cercle vertueux qu’il faut encourager à tous les stades de la maladie.
