L’efficacité de la radiothérapie n’est plus à démontrer dans le traitement des cancers. Mais si les progrès se sont jusqu’ici concentrés sur l’ingénierie pour permettre un ciblage de plus en plus précis des zones à traiter, une technologie émergente, l’irradiation FLASH, change aujourd’hui le paradigme.
Une 1ère révolution a eu lieu à l’Institut Bordet il y a une quinzaine d’années avec le MOBETRON, un accélérateur mobile de particules permettant une irradiation concentrée, en 1 minute 30 et 2 minutes, de la zone à traiter durant l’intervention chirurgicale. Une éternité pour le Pr Penninckx !
« L’idée de la FLASH est d’utiliser le Mobetron d’une toute autre manière », nous explique-t-il. « On part toujours sur une seule dose administrée au patient mais en beaucoup moins de temps encore. Quelques millisecondes ! Même si nous n’en sommes encore qu’au stade des essais, il semble bien que la vitesse ne présente que des avantages ! La FLASH est tellement rapide que nous ne devons plus nous occuper des mouvements du patient lors des traitements. Plus intéressant encore, avec une telle vitesse d’exécution, les tissus sains avoisinants semblent être davantage épargnés. »
Cette technique pourrait être utilisée à l’avenir pour la prise en charge de cancers difficiles à traiter car radio-résistants (comme le sarcome) ou localisés à proximité d’organes vitaux qu’il faut préserver. On pense au foie et au pancréas, enchevêtrés dans les intestins, ou encore aux cancers ORL. Cette technique pourrait aussi être une solution pour les récidives de zones déjà irradiées pour lesquelles il n’existe actuellement que peu d’options thérapeutiques.
« Un traitement plus rapide avec moins d’effets secondaires, et donc plus de possibilités, voilà la promesse de la thérapie FLASH ! », conclut le Pr Penninckx.
