Pour de nombreuses patientes atteintes d’un cancer du sein précoce de type agressif, le traitement consiste en une chimiothérapie, parfois combinée à une thérapie ciblée ou à une immunothérapie avant la chirurgie. Ce traitement préopératoire vise à réduire la taille de la tumeur pour rendre la chirurgie moins invasive et à évaluer si elle est sensible au traitement.
Cependant, pour environ la moitié des patientes, le traitement ne fonctionne pas comme prévu. Elles ont alors un risque de récidive plus élevé.
Le Pr Françoise Rothé dirige, avec le Pr Christos Sotiriou, le Laboratoire de Recherche Translationnelle en Cancérologie Mammaire de l’Institut Bordet. Elle tente de comprendre pourquoi certaines patientes répondent bien au traitement préopératoire et d’autres non.
En utilisant une technologie de pointe, elle vient d’analyser le profil d’expression des gènes de près de 300.000 cellules tumorales et immunitaires provenant de 30 patientes. Conclusion : les patientes qui répondent bien au traitement ont un niveau plus élevé de cellules immunes de type lymphocytes T activés et ce, avant même de commencer les traitements.
Les chercheurs ont aussi constaté que, chez ces patientes, certaines cellules immunitaires permettaient d’en attirer d’autres et de les organiser en structures immunitaires au sein de la tumeur -semblables à des ganglions lymphatiques-, renforçant ainsi la réponse de la patiente aux traitements.
L’objectif est maintenant d’identifier les patientes les plus susceptibles de répondre à la chimiothérapie combinée à l’immunothérapie et ainsi d’encore mieux personnaliser leur prise en charge.
